Formations obligatoires pour les métalliers - Ma formation bâtiment

Formations obligatoires pour les métalliers

« Le serrurier-métallier travaille sur tout type de construction métallique : serrurerie (garde-corps, rampe d’escalier…), menuiserie (porte, fenêtre, véranda…) et charpente (pont, passerelle, pylône…). […] À partir des plans, le serrurier-métallier prends ses mesures et dessine son ouvrage. Puis, il effectue la découpe des pièces en atelier : il plie, meule, ajuste et soude. Il manie des outils mécaniques et électriques (perceuse, poinçonneuse, tronçonneuse à disque), mais aussi des machines à commande numérique. Il se rend ensuite sur le chantier pour procéder au montage définitif des éléments, parfois sur les toits ou les échafaudages. Il peut aussi se déplacer chez des clients pour débloquer ou changer des serrures, poser, réparer et entretenir les fermetures (porte de garage, rideau roulant…) ».
Source : Observatoire des métiers du btp

Dans le cadre de ses missions, le serrurier-métallier est soumis à de multiples risques. Les chiffres suivants nous le montrent.

D’après l’IRIS-ST, en 2018, un salarié serrurier-métallier sur deux était victime d’un accident du travail, soit, un accident toutes les 39 minutes.

Les causes des accidents du travail pour cette branche d’activité sont diverses :

  • 55% proviennent de manutentions manuelles,
  • 19% de l’outillage à main,
  • 12% de chutes de hauteur,
  • 9% des chutes de plain-pied,
  • 5% de risques routier, machines et autres.

C’est pourquoi le serrurier-métallier doit être formé tout au long de sa carrière professionnelle pour travailler en toute sécurité et, protéger ses collègues en atelier et sur les chantiers. Voici les différentes formations obligatoires adaptées pour contrer l’ensemble des risques mentionnés ci-dessus.

1/Les contraintes physiques

Les différents travaux réalisés par le serrurier-métallier engendrent des contraintes physiques, c’est le cas des manutentions manuelles de charges, des postures pénibles et des vibrations mécaniques émises par des outils électroportatifs.
Afin d’éviter ces contraintes, il suffit au professionnel du bâtiment d’intégrer des éléments simples à son organisation au travail comme par exemple, utiliser des chariots pour déplacer facilement et sans gêne les objets lourds, des outils d’aide à la manutention qui sont également utilisés pour le déplacement de matériaux très lourds. En plus de ça, adapter sa position pour le port de charge suffit souvent pour ne pas se blesser, encore faut-il connaître les bons gestes.

Très souvent sur les chantiers et en atelier, les professionnels du bâtiment sont assujettis au bruit de manière ponctuelle ou dans certains cas une exposition plus prolongée. Cette exposition peut entraîner des problèmes sérieux comme une fatigue auditive, une perte auditive ou encore une surdité plus ou moins prononcée. Pour contrer ce risque, le chef d’entreprise doit évaluer le risque lié au bruit et le transcrire dans le document unique de l’entreprise, cela permet d’adapter la protection contre le bruit sur le lieu de chantier et d’équiper les salariés des EPI adaptés.

Les vibrations sont également à prendre en compte, en effet, l’utilisation d’équipements électroportatifs entraîne des vibrations dans les mains, les bras et dans l’ensemble du corps qui peuvent avoir de fortes répercussions sur la santé comme des troubles musculosquelettiques, des troubles neurologiques et des troubles de la circulation sanguine.

Afin de limiter l’ensemble des risques liés aux contraintes physiques, le PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique) pour les professionnels du bâtiment est l’occasion de revoir ses postures de travail et d’être conseillé sur les bons gestes à adopter afin de prévenir des risques liés :

  • Aux manutentions manuelles : postures contraignantes, déchargement/port/soulèvement de matériaux, gestes répétitifs.
  • Au bruit : utilisation de matériel bruyant (perceuse…) et conduite d’engins de chantier.
  • Aux vibrations : utilisation de machines portatives vibrantes (perceuse, pistolet cloueur…) et conduite d’engins de chantier.

Les stagiaires peuvent également, grâce à cette formation, contribuer à améliorer leurs conditions de travail en étant force de proposition pour faire évoluer leurs pratiques.

2/Travail en hauteur – Échelles, escabeaux, PIR(L) et échafaudages

Les chutes de hauteur représentent chez les serruriers-métalliers 21% des accidents du travail en 2018, il s’agit d’un des plus gros facteurs d’accidentologie au travail comme dans la plupart des métiers du bâtiment.

Les interventions en hauteur doivent être réalisées par des personnes ayant reçu une formation afin d’éviter les risques liés au transport et à la manutention, les risques de chutes dues au mauvais état du matériel et les risques de chute suit à un déséquilibre.
Il est à retenir que les échelles et escabeaux ne doivent en aucun cas être utilisés comme des postes de travail, ils sont uniquement tolérés et autorisés dans le cadre de travaux de courte durée, non répétitifs ou comme moyen d’accès. Les plateformes individuelles roulantes et les plateformes individuelles roulantes légères, quant à elles sont parfaitement adaptées pour les travaux en hauteur.

Pour ne prendre aucun risque, il convient au professionnel de s’organiser en amont du chantier afin d’avoir une vision globale du chantier et de n’avoir aucun élément imprévu durant le temps de travail. Le port des EPI est également obligatoire pour limiter les blessures en cas de chute de ces équipements, enfin, une mise en place en sécurité et une utilisation vigilante des équipements sont nécessaires…

Les formations « échafaudages fixes », permettent aux stagiaires d’acquérir la méthodologie nécessaire pour pouvoir intervenir en toute sécurité, et ce, quelle que soit la configuration du chantier. Pour les échafaudages roulants, la formation permet également d’apporter les notions théoriques indispensables mais surtout d’apprendre à monter et manipuler un échafaudage roulant en toute sécurité.
Enfin, pour les formations « vérification échafaudages fixes, roulants », cela consiste pour l’encadrant chargé du chantier de vérifier tout type d’échafaudage avant sa mise en service. Le Code du Travail indique que ces formations sont à renouveler « aussi souvent que nécessaire ». Il convient de former ses équipes à chaque renouvellement de matériel, à minima tous les 5 ans.

3/Sauveteur Secouriste du Travail (SST)

Comme pour tous les métiers, qu’ils soient du secteur du bâtiment ou non, les professionnels du bâtiment se doivent de savoir agir si un de leurs collègues est blessé légèrement ou gravement ou s’il fait un malaise sur un chantier.

Le Code du Travail rend obligatoire la présence d’un sauveteur secouriste du travail dans tous les ateliers où sont effectués des travaux dangereux et sur tous les chantiers occupant au moins 20 personnes pendant plus de 15 jours et où sont effectués des travaux dangereux.

La formation SST repose essentiellement sur des exercices pratiques, sur la conduite à tenir en cas d’accident et sur la prévention à effectuer au sein de l’entreprise. De nombreuses situations sont évoquées : le saignement abondant, l’étouffement, la brûlure ainsi que les situations où la victime est inconsciente. Le stagiaire apprendra également à effectuer un massage cardiaque et à utiliser un défibrillateur. À chaque fois, le stagiaire s’entraine à Protéger-Examiner-Faire alerter-Secourir.
La formation permet également au collaborateur de mettre en application ses compétences au service de la prévention dans son entreprise. Il pourra ainsi être force de proposition afin de limiter les risques d’accident.
Cette formation est à renouveler tous les 2 ans.

4/Risque électrique

Différentes situations de travail exposent les ouvriers sur chantier à un risque électrique :

  • Travaux ou interventions sur des installations électriques ou dans leur voisinage,
  • Travaux au voisinage de lignes aériennes ou souterraines sous tension,
  • Utilisation d’équipements électriques.

Ces différentes situations de travail peuvent engendrer des accidents ayant des conséquences graves sur la santé du professionnel comme des brûlures superficielles, des contractures musculaires violentes, des contusions et brûlures internes, des électrisations et des électrocutions.

Pour contrer ces risques, il convient pour le serrurier-métallier de se former à l’habilitation électrique non électricien sur les types d’intervention B0 et BS.

  • B0 : travail à proximité d’installations électriques en basse tension telles que des lignes électriques aériennes,
  • BS : intervention élémentaire sur des circuits terminaux alimentés en basse tension.

La formation préparatoire à l’habilitation électrique répond aux exigences de la norme NF C18-510 également appelée UTE 18-510. Il s’agit d’apports théoriques sur les méthodes et outils pour exercer en toute sécurité. Une partie pratique permet aux stagiaires d’appliquer ces méthodes en fonction de leurs propres situations de travail.

5/Risque amiante

Beaucoup de bâtiments contiennent encore de l’amiante, les serruriers-métalliers, dans le cadre de leurs missions sont donc confrontés à ce risque. En effet, l’amiante est classée CME, c’est-à-dire cancérigène, mutagène et reprotoxique, ceci est dû aux fibres d’amiante qui, une fois inhalées se déposent au fond des poumons.

Pour protéger au maximum les professionnels intervenant dans ces bâtiments, la formation au risque amiante est obligatoire pour les travailleurs réalisant des interventions d’entretien et de maintenance sur des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante (formation amiante sous-section 4).
À noter que si l’entreprise réalise des travaux de retrait d’amiante, elle est alors concernée par la sous-section 3. Elle doit alors être certifiée pour réaliser ce type de travaux.

6/Les engins de chantier

Le serrurier-métallier peut être amené à conduire des engins dans le cadre de son activité. Il peut s’agir de nacelles afin de réaliser des travaux en hauteur, de chariots de manutention pour déplacer des éléments ou de grues, notamment lors des phases de montages.

La conduite d’un engin de s’improvise pas, la formation des conducteurs est INDISPENSABLE. À l’issue de la formation, le chef d’entreprise pourra délivrer une autorisation de conduite à ses salariés.
Elle est délivrée au conducteur d’engins s’il respecte ces 3 conditions :

  • Être déclaré apte par le médecin du travail.
  • Avoir suivi une formation spécifique CACES® sur les connaissances et le savoir-faire de la conduite en sécurité pour une catégorie visée.
  • Connaître le lieu de travail et les instructions à respecter sur les différents sites d’utilisation.

À noter que les chefs d’entreprise sont également concernés par l’obligation de formation à la conduite d’engins.
En fonction de la catégorie d’engins, la formation est à renouveler tous les 5 ou 10 ans.
L’ensemble de ces formations va permettre aux serruriers-métalliers de travailler en toute sécurité sur l’ensemble de leurs chantiers.

Dan cet article, nous vous avons présenté l’ensemble des formations obligatoires pour exercer votre métier en toute sécurité.

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