Formations obligatoires pour les professionnels du bâtiment - Travaux Publics - Ma formation bâtiment

Formations obligatoires pour les professionnels du bâtiment – Travaux Publics

D’après l’IRIS-ST « les entreprises artisanales de Travaux Publics construisent, posent, entretiennent et rénovent différents types de réseaux d’infrastructures, parmi lesquels :

  • Les infrastructures et réseaux de communication (routes, rues, autoroutes, ponts, parkings, réseaux télécoms…),
  • Les infrastructures et réseaux d’eau (réseaux d’eau potable, d’eaux pluviales, d’assainissement…) ».

Les métiers des travaux publics se catégorisent en 10 catégories : les aménagements urbains, la construction de routes, le terrassement, l’eau et les fluides, les travaux électriques, les voies ferrées, le génie civil, les fondations spéciales, les travaux souterrains et les travaux maritimes et fluviaux.

La nature des travaux des entreprises de Travaux Publics et l’environnement dans lequel les artisans interviennent sont très divers et les exposent à de nombreux risques.

En effet, une étude de l’Institut de Recherche et d’Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail démontre les causes des accidents du travail pour les entreprises et les artisans des Travaux Publics. En effet :

  • 49% des accidents du travail proviennent de manutentions manuelles,
  • 16% des chutes de plain-pied,
  • 13% des chutes de hauteur,
  • 13% de l’outillage à main,
  • 6% de risques machines, chimique, manutention mécanique…
  • 3% de risque routier.

L’ensemble de ces données sur les accidents du travail pour les TP ont permis de tirer la conclusion qu’en 2018, en moyenne 1 salarié sur 18 avait été victime d’un accident du travail.

Afin d’éviter le plus possible les dangers et les blessures sur les chantiers pour les artisans et entreprises des travaux publics, la formation des salariés et chefs d’entreprise est indispensable à la sécurité de tous.

Je suis artisan, salarié dans les travaux publics, quelle formation est obligatoire pour mon métier ?

1/Sauveteur Secouriste du Travail – Premiers secours

Dans toutes les entreprises et peu importe l’environnement de celles-ci, la connaissance des gestes de premiers secours d’un salarié est obligatoire sur tous les chantiers occupants au moins 20 personnes pendant plus de 15 jours et où sont effectués des travaux dangereux. La présence du sauveteur secouriste permettra d’appliquer au blessé les gestes essentiels de premiers secours avant l’arrivée des secours.

La formation SST repose essentiellement sur des exercices pratiques, sur la conduite à tenir en cas d’accident et sur la prévention à effectuer au sein de l’entreprise. De nombreuses situations sont évoquées : le saignement abondant, l’étouffement, la brûlure ainsi que les situations où la victime est inconsciente. À chaque fois, le stagiaire s’entraine à Protéger-Examiner-Faire alerter-Secourir.

La formation permet également au collaborateur de mettre en application ses compétences au service de la prévention dans son entreprise. Il pourra ainsi être force de proposition afin de limiter les risques d’accident. Cette formation est à renouveler tous les 2 ans.

2/Risque électrique

Différentes situations de travail exposent les ouvriers des travaux publics à un risque électrique :

  • Travaux ou interventions sur des installations électriques ou dans leur voisinage,
  • Travaux au voisinage de lignes aériennes ou souterraines sous tension,
  • Utilisation d’équipements électriques.

Ces différentes situations de travail peuvent engendrer des accidents ayant des conséquences graves sur la santé du professionnel comme des brûlures superficielles, des contractures musculaires violentes, des contusions et brûlures internes, des électrisations et des électrocutions.

Pour contrer ces risques, il convient pour les ouvriers TP de se former à l’habilitation électrique non électricien sur les types d’intervention B0 et BS.

  • B0 : travail à proximité d’installations électriques en basse tension telles que des lignes électriques aériennes,
  • BS : intervention élémentaire sur des circuits terminaux alimentés en basse tension.

La formation préparatoire à l’habilitation électrique répond aux exigences de la norme NF C18-510 également appelée UTE 18-510. Il s’agit d’apports théoriques sur les méthodes et outils pour exercer en toute sécurité. Une partie pratique permet aux stagiaires d’appliquer ces méthodes en fonction de leurs propres situations de travail.

3/AIPR – Autorisation à Intervenir à Proximité des Réseaux

L’AIPR a été rendue obligatoire en 2018. Elle concerne toute personne travaillant à proximité de réseaux aériens (lignes électriques…) ou enterrés (canalisations d’eau, de gaz, lignes électriques…) avec ou sans engin. Cette autorisation signifie que la personne qui la possède dispose des compétences requises pour ne pas endommager ces réseaux.
Dans le cadre de leurs missions, les TP sont amenés à travailler régulièrement à proximité des réseaux.

Il existe 3 niveaux d’AIPR :

  • AIPR Concepteur pour la personne en charge de la préparation et/ou du suivi de travaux (généralement le chef d’entreprise),
  • AIPR Encadrant pour la personne en charge de la préparation administrative et technique des travaux,
  • AIPR Opérateur pour toute personne travaillant à proximité de réseaux aériens ou enterrés avec ou sans engin.

Pour chaque entreprise, il faut :

  • Que toutes les personnes travaillant sur les chantiers possèdent l’AIPR Opérateur.
  • Qu’à minima une personne de l’entreprise dispose de l’AIPR Concepteur (sauf si cette entreprise intervient exclusivement en sous-traitance, dans ce cas, l’AIPR Opérateur suffit).

4/Contraintes physiques

Les différents travaux réalisés par l’ouvrier TP engendrent des contraintes physiques, c’est le cas des manutentions manuelles de charges, des postures pénibles et des vibrations mécaniques émises par des outils, machines et engins.
Afin d’éviter ces contraintes, il est important pour le professionnel d’intégrer des éléments simples à son organisation au travail comme par exemple préparer son chantier en définissant préalablement les matériaux dont il a besoin, les appareils et accessoires de levage et de manutention adaptés, les machines et outils nécessaires…

Très souvent sur les chantiers, les professionnels sont assujettis au bruit de manière ponctuelle ou dans certains cas une exposition prolongée. Cette exposition prolongée peut entraîner des problèmes sérieux comme une fatigue auditive, une perte auditive ou encore une surdité plus ou moins prononcée. Pour contrer ce risque, le chef d’entreprise doit évaluer le risque lié au bruit et le transcrire dans le document unique de l’entreprise, cela permet d’adapter la protection contre le bruit sur le lieu du chantier et d’équiper les salariés des EPI adaptés.

Les vibrations sont également à prendre en compte, en effet, l’utilisation d’équipements électroportatifs entraîne des vibrations dans les mains, les bras et dans l’ensemble du corps qui peuvent avoir de fortes répercussions sur la santé comme des troubles musculosquelettiques, des troubles neurologiques et des troubles de la circulation sanguine.

Afin de limiter l’ensemble des risques liés aux contraintes physiques, le PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique) pour les professionnels des TP est l’occasion de revoir ses postures de travail et d’être conseillé sur les bons gestes à adopter afin de prévenir des risques liés :

  • Aux manutentions manuelles : postures contraignantes, déchargement/port/soulèvement de matériaux, gestes répétitifs.
  • Au bruit : utilisation de matériel bruyant (perceuse…) et conduite d’engins de chantier,
  • Aux vibrations : utilisation de machines portatives vibrantes (perceuse, pistolet cloueur…) et conduite d’engins de chantier.

Les stagiaires peuvent également, grâce à cette formation, contribuer à améliorer leurs conditions de travail en étant force de proposition pour faire évoluer leurs pratiques.

5/Les engins de chantier

L’ouvrier en travaux publics est amené à conduire des engins dans le cadre de son activité. Il peut s’agir d’engins de chantier pour creuser, charger, transporter ; de nacelles afin de réaliser des travaux en hauteur, de chariots de manutention pour déplacer des éléments ou de grues, notamment lors des phases de montages ou encore des engins de terrassement.

La conduite d’un engin ne s’improvise pas, la formation des conducteurs est INDISPENSABLE. À l’issue de la formation, le chef d’entreprise pourra délivrer une autorisation de conduite à ses salariés.

Elle est délivrée au conducteur d’engins s’il respecte ces 3 conditions :

  • Être déclaré apte par le médecin du travail,
  • Avoir suivi une formation spécifique CACES® sur les connaissances et le savoir-faire de la conduite en sécurité pour une catégorie visée,
  • Connaître le lieu de travail et les instructions à respecter sur les différents sites d’utilisation.

À noter que les chefs d’entreprise sont également concernés par l’obligation de formation à la conduite d’engins.

En fonction de la catégorie d’engins, la formation est à renouveler tous les 5 ou 10 ans. L’ensemble de ces formations va permettre aux salariés de travailler en toute sécurité sur l’ensemble de leurs chantiers.

Dans cet article, nous vous avons présenté l’ensemble des formations obligatoires pour exercer votre métier en toute sécurité.

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