Formations obligatoires pour les plombiers-chauffagistes

Les formations obligatoires pour les plombiers-chauffagistes

Le plombier-chauffagiste « installe, répare et entretient des tuyauteries d’eau et de gaz, des appareils de chauffage, de climatisation ou de ventilation (VMC, conduit d’évacuation des fumées) ainsi que des installations sanitaires (salle de bain, toilettes). Il intervient autant sur des chantiers de bâtiments neufs que sur des chantiers de rénovation ».

Comme tous les métiers du bâtiment, le métier de plombier-chauffagiste présente de nombreux risques pour ces professionnels. D’après une étude réalisée par l’IRIS-ST en 2018, il a été démontré qu’un accident a lieu toutes les 19 minutes par jour ouvré et heures travaillées chez les plombiers-chauffagistes, de quoi faire bondir. Si l’on regarde plus précisément les données chiffrées, on remarque que les causes des accidents sont multiples :

  • 48% proviennent des manutentions manuelles
  • 18% de chutes de hauteur
  • 17% d’outillage à main
  • 10% de chutes de plain-pied
  • 7% de risques machines, routiers, chimiques et physiques.

C’est avec ces chiffres et ce constat concernant les accidents du travail que la formation des salariés et les chefs d’entreprise démontre son importance.

1.Contraintes physiques

Les contraintes physiques au travail sont de plus en plus importantes notamment en raison de l’allongement de la vie professionnelle, ce qui peut nuire à la santé des plombiers-chauffagistes. Les facteurs les plus répandus sont les manutentions manuelles de charges (port de charges lourdes, encombrantes…), les postures pénibles (bras en l’air, tête penchée, accroupi, à genoux…) et les vibrations mécaniques (vibrations émises par des outils électroportatifs). Pour éviter d’aggraver les positions de travail, il est conseillé d’intégrer des éléments simples à son organisation au travail comme par exemple, utiliser des équipements roulants pour faciliter le port de charges lourdes, avoir les bons gestes et réflexes si le port de charges manuel est obligatoire.

Le bruit, aussi considéré comme contrainte physique est à prendre en compte dans le métier d’installateur thermique sanitaire. En effet, il peut engendrer de nombreux risques comme une fatigue auditive, une perte auditive ou une surdité qui se manifestent sous différents symptômes (sifflement, bourdonnement, baisse de l’audition, ne plus entendre les voix…).

En plus d’avoir des effets néfastes sur la santé, le bruit peut avoir des répercussions importantes sur le travail d’installateur, notamment : une perturbation de la vigilance, des troubles de la concentration ainsi que de la fatigue et du stress. C’est au chef d’entreprise d’évaluer le risque lié au bruit sur le chantier afin de mettre en place des mesures pour préserver au maximum la santé de ses salariés et de lui-même.

Les vibrations sont également à prendre en compte, en effet, l’utilisation d’équipements électroportatifs entraîne des vibrations dans les mains, les bras et dans l’ensemble du corps qui peuvent avoir de fortes répercussions sur la santé comme des troubles musculosquelettiques, des troubles neurologiques et des troubles de la circulation sanguine.

Pour éviter l’ensemble de ces désagréments, le dispositif PRAP – Prévention des Risques liés à l’Activité Physique – va permettre aux professionnels plombiers-chauffagistes d’être formés sur les bons gestes à adopter en fonction de leurs différentes situations de travail et de prévenir les risques liés :

  • Aux manutentions manuelles : postures contraignantes, déchargement/port/soulèvement de matériaux, gestes répétitifs.
  • Au bruit : utilisation de matériel bruyant (perceuse…) et conduite d’engins de chantier.
  • Aux vibrations : utilisation de machines portatives vibrantes (perceuse, pistolet cloueur…) et conduite d’engins de chantier.

2.Travail en hauteur (échafaudages, échelles, escabeaux et PIR(L)

L’utilisation d’un échafaudage permet d’avoir accès à des surfaces qui se trouvent en hauteur, non accessibles à mains nues. Il assure la protection collective des travailleurs, toutefois, une vigilance est à prendre en compte lors de son utilisation. Pour éviter a un maximum les risques, il convient tout d’abord de bien choisir son matériel, de monter l’échafaudage correctement et selon certaines règles de sécurité avant son utilisation et de l’entretenir pour éviter que celui-ci ne se détériore.

En plus de l’échafaudage, le plombier-chauffagiste peut aussi être amené dans le cadre de ses chantiers, à utiliser les échelles, les escabeaux et PIR(L). Il s’agit de matériel de chantier à faible hauteur, ce qui peut induire en erreur sur le risque qu’il représente car en effet, utiliser ce matériel peut engendre des risques liés au transport et à la manutention, des risques de chutes dues à une stabilisation insuffisante de l’équipement, des risques de chutes dues au mauvais état du matériel et un risque de chutes suite à un déséquilibre.

Les interventions en hauteurs, qu’elles soient sur un échafaudage, un escabeau, une échelle ou un PIR(L) nécessitent pour le professionnel concerné d’être formé.

Les formations « échafaudages fixes » permettent aux stagiaires d’acquérir la méthodologie nécessaire pour pouvoir intervenir en toute sécurité, et ce, quelle que soit la configuration du chantier. Pour les échafaudages roulants, la formation permet également d’apporter les notions théoriques indispensables mais surtout d’apprendre à monter et à manipuler un échafaudage roulant en toute sécurité.
Enfin, pour les formations « vérification échafaudages fixes, roulants », cela consiste pour l’encadrant chargé du chantier de vérifier tout type d’échafaudage avant sa mise en service. Le Code du Travail indique que ces formations sont à renouveler « aussi souvent que nécessaire ». Il convient de former ses équipes à chaque renouvellement de matériel et, a minima tous les 5 ans.

3.Sauveteur secouriste du travail

Comme pour tous les métiers, qu’ils soient du secteur du bâtiment ou non, les plombiers-chauffagistes se doivent de savoir agir si un de leurs collègues est blessé légèrement ou gravement, ou s’il fait un malaise sur le chantier.

Le Code du Travail rend obligatoire la présence d’un sauveteur secouriste du travail dans tous les ateliers où sont effectués des travaux dangereux et sur tous les chantiers occupants au moins 20 personnes pendant plus de 15 jours et où sont effectués des travaux dangereux.

La formation SST repose essentiellement sur des exercices pratiques, sur la conduite à tenir en cas d’accident et sur la prévention à effectuer au sein de l’entreprise. De nombreuses situations sont évoquées : le saignement abondant, l’étouffement, la brûlure ainsi que les situations où la victime est inconsciente. Le stagiaire apprendra également à effectuer un massage cardiaque et à utiliser un défibrillateur. À chaque fois, le stagiaire s’entraine à Protéger-Examiner-Alerter-Secourir.

La formation permet également au collaborateur de mettre en application ses compétences au service de la prévention dans son entreprise. Il pourra ainsi être force de proposition afin de limiter les risques d’accident.

4.Risque électrique
Le travail sur des installations électriques fait également partie des risques au travail sur les chantiers. De nombreuses situations de travail entraînent des risques pour le plombier-chauffagiste :

  • Travaux ou interventions sur des installations électriques ou dans leur voisinage,
  • Travaux au voisinage de lignes aériennes ou souterraines sous tension,
  • Utilisation d’équipements électriques.

Les accidents liés à une manipulation électrique peuvent avoir des conséquences graves sur la santé du salarié touché : brûlures superficielles, contractures musculaires violentes, contusions, brûlures internes, électrisation ou encore électrocution. C’est pourquoi se former à l’habilitation électrique pour les non électriciens est indispensable.

Cette habilitation permet aux professionnels non électriciens de pouvoir faire des interventions de type B0 et BS.

  • B0 : travail à proximité d’installations électriques en basse tension telles que des lignes électriques aériennes.
  • BS : intervention élémentaire sur des circuits terminaux alimentés en basse tension.

La formation préparatoire à l’habilitation électrique répond aux exigences de la norme NF C18-510 aussi appelée UTE 18-510. Il s’agit d’apports théoriques sur les méthodes et outils pour exercer en toute sécurité. Une partie pratique permet aux stagiaires d’appliquer ces méthodes en fonction de leurs propres situations de travail.

5.Fluides frigorigènes
Dans le cadre de leur métier, notamment sur les pompes à chaleur, la bonne manipulation de fluides frigorigènes est importante car si elle est mal pratiquée, peut entraîner des vertiges et nausées, des brûlures par le froid, une asphyxie ou encore une explosion ou un incendie. La formation à la manipulation des fluides frigorigène est par ailleurs indispensable pour pouvoir acheter des fluides.

L’objectif principal de ces formations vise à apprendre à manipuler les fluides frigorigènes en limitant les déperditions dans l’atmosphère. Pour cela, après des apports théoriques liés à la thermodynamique, une part importante des formations est consacrée à la mise en pratique : connexion des équipements, utilisation des dispositifs de récupération, mise en service, charge. Les stagiaires apprennent également à réaliser des contrôles d’étanchéité. La partie pratique se réalise généralement sur des installations réelles. Enfin, un point administratif est réalisé avec les obligations concernant le registre de l’équipement.

6.Risque amiante
L’amiante, malgré son interdiction depuis 1997, est encore très présent dans de nombreux bâtiments. Énormément de professionnels du bâtiment sont donc susceptibles d’être exposés à l’amiante pendant leurs chantiers car en effet, les matériaux amiantés prennent différentes formes : calorifugeage, flocage, couverture ou bardage en plaques lisses ou tôles ondulées, conduits et canalisations…

L’amiante est classée CME, c’est-à-dire cancérigène, mutagène et reprotoxique, ceci est dû aux fibres d’amiante qui, une fois inhalées se déposent au fond des poumons.

Pour protéger au maximum les professionnels intervenant dans ces bâtiments, la formation au risque amiante est obligatoire pour les travailleurs réalisant des interventions d’entretien et de maintenance sur des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante, elle est alors concernée par la sous-section 4.

7.Les engins de chantier
Le plombier-chauffagiste peut être amené à conduire des engins de chantier dans le cadre de son activité. Il peut s’agir de PEMP – Plate-forme Élévatrice Mobile de Personnes – et d’appareils et accessoires de levage. Or, la conduite d’un engin ne s’improvise pas et la formation des conducteurs est indispensable.

À l’issue de la formation, le chef d’entreprise pourra délivrer une autorisation de conduite à ses salariés sous 3 conditions :

  • Être déclaré apte par le médecin du travail,
  • Avoir suivi une formation spécifique CACES® sur les connaissances et le savoir-faire de la conduite en sécurité pour une catégorie visée,
  • Connaître le lieu de travail et les instructions à respecter sur les différents sites d’utilisation.

À noter que les chefs d’entreprise sont également concernés par l’obligation de formation à la conduite d’engins. En fonction de la catégorie d’engins, la formation est à renouveler tous les 5 ou 10 ans. Ceci, dans le but de permettre aux électriciens d’utiliser les engins de chantier sereinement.

Dans cet article, nous vous avons présenté l’ensemble des formations obligatoires pour exercer le métier de plombier-chauffagiste en toute sécurité.

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